spectacle lyrique

Au pays où se fait la guerre

Œuvres de BONIS, OFFENBACH, CHAMINADE, FAURÉ, DONIZETTI, GODARD, DUPARC, DEBUSSY, HAHN, N. BOULANGER, DUBOIS

Date
6 juin 2018 – 20h30
Théâtre des Bouffes du Nord
Tarifs de 14 à 27 € Réserver
Programme de salle

Production Palazzetto Bru Zane
En coréalisation avec le C.I.C.T. – Théâtre des Bouffes du Nord

Ce programme a reçu le label « Centenaire » dans le cadre des manifestations commémorant la Première Guerre mondiale.

Imaginé par le Palazzetto Bru Zane en connivence avec des artistes curieux et engagés, ce programme – spectacle de l’âme – fait pénétrer l’auditeur dans l’esprit d’un soldat de la Grande Guerre. Tous les compositeurs interprétés ont vécu les conflits de 1870 et de 1914 avec une ferveur artistique qui les a profondément marqués. Les élans guerriers du devoir (« Ton bras est fort, ton âme est fière ! » – Offenbach, La Grande-Duchesse de Gérolstein) ne rendent pourtant pas si facile la séparation des cœurs. Une fois au front, l’inquiétude apparaît, cette « douceur splendide et sombre qui flotte sous le ciel étoilé ; on dirait que là-haut dans l’ombre, un paradis s’est écroulé… » (Nadia Boulanger, Élégie). Le soldat se rassure (« Ma douleur, donne-moi la main… » – Debussy, Recueillement) et reprend courage en pensant à l’aimée. Les jours passent, dont l’horreur est parfois maquillée de sérénité. Mais, le soir venu, quand s’éteignent les bruits de bataille, la pesante solitude reparaît de plus belle, qu’on épanche dans le secret (« Les larmes qu’on peut verser, quand les têtes sont détournées, on ne les a pas soupçonnées… » – Godard, Les Larmes). Fatalement, la mort suit les pas de la désespérance, emportant également ceux qui ne connurent pas les armes (« Loin de l’amant, j’attends la mort… » – Chaminade, Exil). Et, tandis que l’être n’est plus mais que seul demeure l’esprit, « tous ceux qui s’aimèrent jadis d’un amour tendre, après la mort en Paradis peuvent s’attendre… » (Dubois, En Paradis). Ce récital a été adapté pour quatuor avec piano par Alexandre Dratwicki, dans une volonté de créer un programme unifié profitant de la variété des titres sans souffrir du morcellement qu’induirait l’alternance du piano seul et du quatuor complet. L’unité de ton (de « son » devrait-on dire) favorise également la sensation d’un parcours évolutif : c’est une seule histoire, homogène, qui est racontée, par autant de « petites histoires » de quelques minutes mises bout à bout.

Introduction aux œuvres 30 minutes avant le concert.

Isabelle Druet mezzo-soprano
I GIARDINI
Pierre Fouchenneret violon
Léa Hennino alto
Pauline Buet violoncelle
David Violi piano

transcriptions : Alexandre Dratwicki

Voix fruitée et ferme, présence conquérente, Isabelle Druet interprète les mélodies avec goût, rehaussé par la brillante musicalité des Giardini.

Bruno Serrou, La Croix

Immerger leurs auditeurs dans les âmes tourmentées d’un soldat de la Première Guerre mondiale et de ses proches, tel est l’ambitieux projet du Quatuor Giardini et de la mezzo-soprano Isabelle Druet, réunis depuis cet été pour un récital-spectacle parfaitement équilibré.

fff Télérama

L’interprétation des artistes se situe au meilleur niveau.

Pierre Degott, resmusica.com

On dépasse [donc] le cadre habituel du récital où le chanteur et la chanteuse est en tête-à-tête avec son ou sa pianiste pour une forme un peu moins intime et déjà plus théâtrale.

Laurent Bury, forumopera.com

La diversité n’entame en rien l’intérêt du programme : elle nuance davantage la profonde cohérence du thème choisi. Avec pudeur et justesse. Réussite totale.

Hélène Biard, classiquenews.com