concert

Gounod gothique

MUSIQUE SACRÉE DANS L’OMBRE DES CATHÉDRALES

Messe vocale, Les Sept Paroles de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix
et transcriptions de Bach, Palestrina, Mozart

Date
3 juin 2018 – 16h30
Théâtre des Bouffes du Nord
Tarifs de 14 à 27 € Réserver
Programme de salle

Production Palazzetto Bru Zane
En coréalisation avec le C.I.C.T. – Théâtre des Bouffes du Nord

Auteur de nombreuses messes romantiques avec orchestre, Gounod s’intéressa avec passion à la transcription chorale et aux styles du passé, au moment même où le restaurateur Viollet-le-Duc réinterprétait les architectures gothiques des églises et des cathédrales de France. Le compositeur se penche ainsi tour à tour sur Bach, Palestrina, Händel, Arcadelt, Arbeau et même Mozart, dont il adapte pour chœur la « Marche des prêtres » de La Flûte enchantée (exécutée à bouche fermée) ou le célèbre Ave verum corpus. Ce contact avec le passé lui permet d’approfondir sa science de l’harmonie et du contrepoint de la Renaissance. De retour de la Villa Médicis, il compose à Vienne, en 1843, une originale Messe vocale dans le style palestrinien qui n’a jamais été publiée ni redonnée depuis sa création. Ponctué de chorals à la manière de Jean-Sébastien Bach, l’ouvrage va beaucoup plus loin que le simple pastiche : il parcourt les esthétiques du passé en les enrichissant des vibrantes harmonies du siècle romantique. Mais ce mysticisme fervent et passionné se retrouve plus encore dans Les Sept Paroles de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix (1855) dont le sujet à la fois funèbre et spirituel correspond bien à la personnalité ambiguë de la musique de Gounod, tiraillée entre ferveur et sensualité.

Introduction aux œuvres 30 minutes avant le concert.

CHŒUR DE LA RADIO FLAMANDE
Hervé Niquet direction
François Saint-Yves orgue

Video Teaser

Messe vocale

Après la création du Requiem à la Karlskirche de Vienne, Gounod reçut la commande d’une messe chorale a cappella à cinq voix mixtes, qu’il intitule lui-même Messe vocale. Pour ces choristes qui venaient d’interpréter la Messe du pape Marcel de Palestrina, Gounod écrivit une messe « travaillée à peu près, dira-t-il, dans le style de la Chapelle Sixtine ». Le résultat est extrêmement original. En effet, chaque prière (sauf le Sanctus) y est précédée d’une invocation empruntée aux Alleluia des messes et des vêpres dédiées à la Sainte Vierge. Intitulés Coral, ces brefs motets présentent une mélodie d’abord harmonisée dans le style du choral avant de reparaître plusieurs fois, comme un cantus firmus, au cours de la prière en relation avec certains mots. Pour que l’auditoire puisse apprécier l’opportunité d’une citation, il faut que la mélodie lui soit familière. On hésitera donc à en attribuer la paternité à Gounod, d’autant que les paroles latines sont souvent mal accentuées. L’introduction de ces Corals est peut-être une manière d’inscrire cette messe dans une tradition germanique ; est-ce pour cela que Gounod ne s’est pas soucié de la faire éditer en France ou parce qu’aucun chœur n’aurait été capable de l’interpréter ?

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Les Sept Paroles de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix

Dédiées à Monseigneur Sibour, archevêque de Paris, qui avait déclaré que les vertus de la musique palestrinienne touchaient au caractère propre de la musique sacrée, elles ont été composées en 1855 peu avant l’achèvement de la Messe en l’honneur de Sainte Cécile. Mais, tandis que cette dernière a connu d’emblée une vraie popularité, on n’a encore trouvé aucune trace de la création des Sept Paroles
Gounod réalisa lui-même son livret à partir de la traduction latine des évangiles dans la Vulgate. Il a eu le souci de mettre en situation chacune des paroles, élaborant un récit elliptique des dernières heures de la Passion du Christ. La tonalité générale est fa majeur ; les tons voisins et leurs relatifs offrent des ressources suffisantes à l’économie d’une partition sobre d’effets. Ainsi ne rencontre-t-on guère qu’un seul madrigalisme, très éloquent, pour chaque parole. Les sections harmoniques, verticales, alternent avec des sections contrapuntiques (canons ou imitations). L’écriture syllabique et les mélismes sont parfois dictés par le sens des paroles, de même que les emprunts aux tons voisins, mais l’équilibre abstrait de la polyphonie prime sur l’illustration. Le respect des indications de tempo et de dynamique est cependant impératif ; l’erreur serait d’interpréter cette musique à la façon de Palestrina.

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